NEW YORK RESSUSCITE LES PEINTURES PUBLICITAIRES SUR LES MURS DE SES BUILDINGS

par Anastasia Chevel

C'est un come-back inattendu, un retour vers un passé pas si lointain et en même temps dépassé par l'ère du tout numérique. Plus tendance que jamais, mi-oeuvre d'art contemporain, mi-slogan, les peintures publicitaires s'affichent ça et là et ornent les murs de New York, dans le sillage branché du street art et autres graffitis.

UNE MANIÈRE ARTISTIQUE DE SE DIFFÉRENCIER

Beaucoup y ont renoncé, se tournant vers l'instantanéité, la facilité et la rapidité qu'offre Internet. Face à l'engouement sans pareil pour le numérique, promouvoir un produit ou un service est devenu bien moins contraignant et surtout moins cher sur la toile, que de faire appel à des peintres publicitaires. Pourtant, d'après Colossal, une entreprise florissante qui compte aujourd'hui 70 employés, réalise environ 500 publicités par an et qui est devenue en quelque treize années d'existence une référence aux Etats-Unis de la publicité peinte, certains font encore le choix de l'authenticité et de l'originalité et les demandes pleuvent de la part de géants de boissons, réseaux sociaux, constructeurs de voitures, marques de luxe ou de prêt-à-porter...

Certes, s'offrir une oeuvre d'art publicitaire est onéreux et plus long a réaliser qu'un simple collage d'affiche, et il faut prévoir un budget de 40 000 dollars pour une peinture réalisée en près de 4 jours, mais les annonceurs y voient avant tout une possibilité de se différencier de leurs concurrents et de susciter une réaction chez les passants. "Les gens sont étonnés, c'est assez énorme pour un passant de voir la fabrication du produit. C'est pour ça que cette boîte tourne aussi bien : les gens peuvent voir le processus de création", témoigne Justin Odaffer qui réalise depuis 7 ans des peintures publicitaires pour Colossal sur les murs de New York, Chicago ou Los Angeles.

UN PRODUIT UNIQUE ET BRANCHÉ

"Alimentés par des photos prises sur le vif, les réseaux sociaux servent de caisse de résonance et démultiplient la visibilité de la marque et de sa publicité " , explique Paul Lindhal, co-fondateur de Colossal.

Selon Chris Cockerill, directeur général du bureau new-yorkais de Lamar et spécialiste de la location d'espaces publicitaires qui souligne qu' "il s'agit d'un produit unique que les annonceurs réclament aujourd'hui ", ce renouveau est dû à une montée en gamme, avec l'émergence de peintres "plus accomplis" et un résultat plus professionnel et branché.

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